Travailler assis à l'extérieur

Télétravail : tout savoir sur la tendinite de Quervain

Juillet 2020

Mouvements excessifs, répétitifs et positions non ergonomiques : trois façons de développer une tendinite de Quervain. Pour en apprendre davantage sur cette inflammation, on discute avec Sarah Lessard, orthésiste chez Équilibre. 


La tendinite de Quervain puise son nom de celui qui l'a décrite pour la première fois en 1895, le chirurgien suisse Frédéric de Quervain.

Qu’est-ce que la tendinite de Quervain?
La tendinite de Quervain est une inflammation des tendons à la base du pouce, plus précisément du côté des tendons du long abducteur et du court extenseur, qui survient chez les personnes qui font des gestes très répétitifs ou excessifs, ou chez les personnes qui adoptent une position non ergonomique pour les mains et les poignets pendant trop longtemps. Elle se manifeste principalement à travers une douleur ressentie entre le pouce et le reste de la main, des engourdissements, des picotements et des gonflements liés à l’inflammation. Dans certains cas, le poignet et même l’avant-bras sont touchés par ces symptômes.

Travailler assis dans le lit

« Cela ne paraît pas, mais on utilise beaucoup nos mains! On peut penser à quelqu’un qui est souvent à l’ordinateur pour son travail, mais aussi aux nouvelles mamans qui prennent souvent leur enfant dans leurs bras. » 

 

Passer beaucoup de temps sur son cellulaire, à faire des gestes répétitifs avec le pouce, comme texter, est une autre cause de la tendinite de Quervain. Bien qu’elle puisse toucher tout le monde, elle est plus fréquente chez certains types de professionnels, comme les personnes qui font du travail de manutention, du travail à la chaîne ou celles qui travaillent en salon de coiffure.

 

« Les activités qui nécessitent des manipulations répétées augmentent considérablement les risques de tendinite. » 

 

Quel lien peut-on faire entre le télétravail et la tendinite de Quervain?
Une personne qui travaille à la maison n’a souvent pas accès au même matériel que lorsqu’elle travaille du bureau. Il arrive que celle-ci travaille en étant assise sur le divan du salon, ou, avec l’arrivée du beau temps, dans l’herbe de la cour extérieure pour profiter du soleil de l’après-midi. En travaillant de manière trop prolongée dans une position qui n’est pas ergonomique, elle augmente les chances de développer une inflammation comme la tendinite de Quervain.

 

« L’idéal est de travailler à une table, sur une surface qui est prévue pour cela. Il existe aussi des souris ergonomiques qui peuvent être un bon investissement pour éviter de développer ce type de pathologie. »

Si adopter une bonne position pour travailler de la maison est le point de départ pour éviter la tendinite de Quervain, cela diminue également le risque de développer d’autres pathologies comme des douleurs au dos, du côté du canal carpien ou au cou. 

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Comment la soigne-t-on?

Il existe plusieurs façons de la contrôler. L’une d’elles est le port de l’orthèse passive du poignet qui permet d’atténuer l’inflammation tout en mobilisant les extenseurs du compartiment dorsal. Cette orthèse limite également la flexion et l’extension du pouce et du poignet, faisant ainsi en sorte que ceux-ci soient plus reposés et moins utilisés pour des mouvements excessifs ou répétitifs.  

 

« Avec l’orthèse, on ne veut pas bloquer complètement les mouvements. On souhaite cependant limiter les mouvements extrêmes, ce qui permet de garder le poignet dans une position neutre, qu’on appelle la position de repos, pour accélérer la guérison. » 

 

L’orthèse est portée la nuit pour permettre au poignet de garder la position neutre et éviter les mouvements non volontaires. Lorsque l’inflammation ou la douleur est trop importante, et avec la recommandation d’un spécialiste, cette orthèse pourrait également être portée de jour.


Vous ressentez une douleur au pouce ou au poignet? N’attendez pas avant d’en prendre soin. Prenez rendez-vous avec l’un de nos spécialistes.


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SARAH LESSARD
Au cours des neuf dernières années, Sarah s’est promenée entre les villes de Sherbrooke, de Montréal et de Québec pour exercer le métier d’orthésiste dans différents contextes, notamment au sein de cliniques de course et de cliniques sportives. Depuis septembre 2019, c’est avec notre équipe qu’elle continue de le faire.